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Une fois descendu le chemin du moulin Laleu, nous retrouvons sur notre gauche le chemin de sous les carrières, puis sur notre droite le chemin du val de May.
Dans le terrain silurien inférieur de Laize la Ville se trouvent des carrières de marbres variés, gris bleuâtre, cervelas, avec veines, et rouge.

En 1847, le ministre, Secrétaire d'Etat de l'Intérieur demanda au préfet du département du calvados de bien vouloir faire une étude sur la carrières de marbre. Cette étude de prospection devait servir à savoir si il serait possible d'extraire un bloc de marbre de suffisamment bonne qualité pour y créer un sarcophage. Sarcophage qui servirait à la dépouille de Napoléon 1er, Empereur des Français revenu de Saint -Hélène dans les années 1840. Cette requête du ministre ne mentionne pas la finalité de l'histoire, mais il demeure peu probable que ce marbre ait réellement servi à cette action.

Sur le chemin de sous les carrières, autant que sur le chemin du val de May, nous pouvons apercevoir différentes carrières.
Ainsi, y a t-il les grès des carrières du moulin de Courgain. Ceux-ci sont brillants, ils sont recouverts par les schistes et les calcaires du silurien supérieur ; c'est le grès feldspathique du silurien inférieur.

Le grès armoricain est noirâtre, il est traversé par des filons de quartz blanc.
Les schistes apparaissent à l'endroit du coteau qui est limité d'une part par le chemin venant de l'ancien lavoir, et d'autre par le sentier qui va au moulin de Courgain. On y trouve des trilobites, des productus et des orthis.

On pouvait voir auparavant un grès quartzeux entre le chemin des lavoirs et les grandes carrières ; ces grès gris verdâtre étaient appelés « pierre à faulx ».

 

Les grès de May sont des quartzites, des grès consolidés, du silurien moyen, ordinairement à grains fins, durs, colorés. C'est grès sont situés dans le voisinage des terrains de cristallisation et ont pris le caractère de quartz grenu par voie de métamorphisme.
Le 13 avril 1429 sous Charles VII, il est fait mention d'une vente faite par Pierre Anzeré, alors Seigneur de May à Jean Amourette, d'une carrière, « la carrière de Vauderil ».

Ainsi, il est dit ce qui suit : « A tous ceux qui ces lettres verront, Roger Le Cloutier, incomte de Saint Sylvain et du Thuit, garde du scel des obligations de la dite vicomte, salut, savoir, faisant que par devant Thomas de Bray, clerc, tabellion, juré, commis ès miettes des sergenteries du Thuit, quant à ce qui ensuit, fut présent en sa personne, Pierre Anzeré, Ecuyer, Seigneur de May, lequel connut et confessa avoir vendu à Jehan Amourettes de Fontenay l'abbaye, c'est à savoir un lot de carrières contenant 40 pieds de long ou environ compris dans les devises mises jusqu'au chemin du Roi, notre Sire (route de n$ Thuryh assise près de May du prix et somme de 45 livres avec le drap des chaperons à la demoiselle de May du prix de 40 sous tournois, une pierre à port de 5 pieds de long et un pied de creux, un entre deux au milieu et un mortier tenant un pot et 20 sous tournois pour vin à payer la dite somme de 45 livres tournois en huit paiements à part égale de deux à quatre ans, à partir de la Saint Michel jusqu'à la fin du paiement et.

la dite pierre et port à mortier seront fait du dit stock, quand il sera découvert pour mettre en besogne et baillé au dit Ecuyer. »

La carrière de monsieur Caval (au XIXème siècle) appartient à la formation du Lias et l'on y remarque un lit de galets au-dessus du grès : tandis qu'au-dessus de ce lit de galets, c'est une couche de calcaire peu épaisse, renfermant de. nombreux fossiles, appelés encrines.

La révolution avait favorisé un partage des terres. Ainsi en 1793, il y' eut partage des communaux.
Les carrières étaient particulièrement exploitées au lieu dit « la bruyère », se situant entre la route royale, (actuellement la route de Thury-Harcourt) et la rivière d'Orne. La partie du terrain désignée sous le nom de « bruyère » était occupée par des carriers bien avant 1849, ces mêmes terrains étaient réservés par la commune comme étant destinés à l'extraction de matériaux pour l'entretien des routes et autres travaux publics.

Au début du XIXème siècle de nouvelles carrières furent ouvertes aux endroits qui paraissaient les plus avantageux aux exploitants. Ces exploitations n'étaient pas précédées d'autorisations, et les habitants pensaient que ce droit était celui du premier occupant, ainsi certains se permettaient-ils de vendre, louer, en résumé de disposer comme de

Choses leur appartenant. De là les plus graves abus furent recensés et un petit nombre d'individus s'accapara la presque totalité des terrains exploitables laissant la plus grande partie des habitants dans la nécessité, pour se procurer du travail, d'acheter fort cher le droit d'extraction sur des propriétés particulières.

Ainsi des plaintes affluèrent et le conseil municipal de la commune de May prit, le 15 mai 1827 une délibération contenant un projet de règlement pour l'exploitation des carrières de May. Cela n'évita pas les problèmes et vers 1840 eurent lieu des querelles dues au mode d'exploitation qui était d'autant plus désastreux que la plus part des exploitants, au lieu de creuser leur carrière à une profondeur convenable et n'occuper que l'étendue du terrain qui leur était strictement nécessaire, ne firent souvent que fouiller de vastes superficies, attendu qu'elle ne leur coûtait rien, ainsi rejetaient-ils leurs décombres sur des parties non encore exploitées.

Ce ne fut pas le seul problème généré par cet état de chose, car les carrières qui devaient pendant de longues années, demeurer éloignées les unes des autres finirent par se toucher, ce qui occasionna de graves et fréquents heurts.

Pour toutes ces raisons la commune de May se rendit à l'évidence et décida de mettre en adjudication toutes les carrières communales.

C'est pourquoi, à partir des années 1850, nul ne put ouvrir, ' ni exploiter aucunes carrières sur les communaux sans en avoir préalablement obtenu du maire l'autorisation écrite. Ce dernier était le seul à fixer l'étendue du terrain à allouer aux carriers et il prit la décision de leur faire mettre des bornes afin de délimiter leur exploitation et les obliger à déposer leurs gravats dans leurs propres concessions.

Dorénavant, nul ne pouvait plus posséder plusieurs carrières et ceux qui en exploitaient plusieurs durent porter leur choix sur une d'entre elles et la déclarer à la mairie.
La durée de chaque concession ne put être inférieure à un an et supérieure à neuf ans.

Ainsi durent-ils, à partir de 1850 payer à la commune, à titre d'indemnité, une rétribution qui était fixée pour chaque perche métrique à un 1,50 francs, et cela par an. Cette somme devait être payée par année du 1er au 20 janvier entre les mains du
percepteur des contributions directes, celui-ci remplissant les fonctions de receveur municipal. Faute pour l'exploitant de ne pas payer à la bonne période sa rétribution, il se voyait procéder à. la. location de son exploitation par la voie des enchères.

Par la suite les carriers vinrent se plaindre auprès de l'administration communale, en prétextant que les frais qu'ils engageaient pour le découvert des carrières et l'écoulement des eaux étaient déjà considérables et qu'ils n'avaient pas besoin de payer en plus cette location dont ils jouissaient gratuitement depuis fort longtemps.

Il existe donc du grès rouge, du grès bleu, du grès quartzeux , du granit et du marbre. Le grès a tout d'abord été utilisé à la fois pour construire des maisons. Il s'avère que le vieux May regorge de cette matière. Mais ce grès a principalement servi, notamment après la révolution à paver les rues et les routes. Ainsi retrouve t-on des rues pavés en grès mayens à Bayeux et à Caen. Nous retrouvons aussi des ports en grès de May, comme ^ ceux de Courseulles, Trouville, Isigny ou Honfleur. De plus, la construction d'un parking souterrain devant l'hôtel de ville de Caen a permit de découvrir une ancienne place qui aurait été couverte par du grès mayen, celle-ci serait datée du XIIIème siècle. En outre, on mentionne toujours le pavage des artères du château de Versailles.
A u XXème siècle les petits exploitants se firent de plus en plus rares et les exploitations finirent par être reprise par la « Société des Carrières de l'Ouest » qui exploita la matière pendant des décennies. Cette société opéra avec les moyens les plus modernes qui soient.

 

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