La visite du « Chemin du Val » et du « chemin de sous les carrières » nous fait obligatoirement découvrir les moulins.

En effet, entre la Laize et l'Orne, étaient présents de nombreux moulins. Ceux-ci faisait partis de la vie des Mayens dans le sens où ils pouvaient utiliser la seule force disponible, la force hydraulique. Le chemin du Val lut aussi appelé « chemin du val des moulins ».

Ainsi, parlerons nous des moulins du sieur Le Brethon. Joseph Le Brethon, marchand de farine, domicilié à Caen dans la rue de Vaucelles avait demandé l'autorisation de rétablir un ancien moulin à foulon tombé en ruine. Moulin situé sur la rivière de Laize (1853).

Le premier se trouvait être à l'entrée du chemin du Val de May (aujourd'hui à proximité de la vierge). Situé sur la rivière de Laize il n'en reste plus qu'un pan de mur. Ce moulin, un moulin à plâtre était anciennement un moulin à foulon. Il fut donc rebâti par le sieur Le Brethon qui le transforma afin qu'il puisse servir à scier des marbres de la contrée plus connue sous le nom de « marbre de Laize ». Ce moulin a servit tout autant à broyer du plâtre pour les besoins de l'agriculture. Sur ce moulin il y est dit « qu'il était situé sur le bras de la Laize servant de canal de décharge à l'usine Le Tellier. Lorsque les deux usines Le Tellier et Lecordier venaient à s'arrêter, la première était tenue, en vertu d'un arrêté préfectoral, du 23 juillet 1863 de fournir l'eau à l'usine Le Brethon ». Le moulin de monsieur Le Tellier dit « moulin de Clinchamps » a été converti en fabrique à huile dans le milieu du XIXème, tandis que le second moulin en aval, celui du sieur Lecordier (ancien notaire dans la Manche) sert, à moudre du blé alors qu'il a été un moulin à foulon.

Le deuxième était l'usine à blé sur la rivière d'Orne qui n'était autre que le moulin de Courgain. Vers 1812, monsieur Mottelet, propriétaire de l'usine de Montaigu située à Caen, a loué le moulin de Court-Gain pour suppléer à la force qui manquait à son usine dans les eaux basses. Un projet de règlement daté de 1863, nous apprend que les moulins de Bully situés sur la rivière d'Orne existaient depuis le XlIIème siècle, et que l'usine du sieur Le Brethon nommé le moulin de Court-Gain était située sur la même rivière à 1 300 mètres environ en aval. Le moulin de Court-Gain aurait été crée au cours du XVIIème siècle-Vers 1840, ce moulin était armé de deux petites roues ayant deux vannes motrices de faible dimension enchâssaient dans des potiches qui ne donnaient au coup qu'un passage restreint.

En 1848, il changea les appareils de son moulin pour le faire profiter des perfectionnements recommandés par la science trydraulique, de sorte qu'à cette époque le moulin prit une importance considérable. La nouvelle structure ne comprit plus qu'une roue mise en mouvement par une vanne unique de 2,70 mètres de largeur, mais la chaussée et le pertuis restèrent en leur état ancien.
Ce dernier s'est plaint en 1869, que par le fait du non règlement des usines supérieures, les roues de son établissement étaient souvent placées dans des conditions défavorables à leur bon fonctionnement. A l'occasion il expliqua que sa chaussée était munie d'un pertuis ou frette qui était dépourvu de vannes ce qui, immanquablement provoquait ces désagréments. Les usines supérieures, se trouvant en amont sur la Laize ne connaissaient pas ce problème car elles étaient munies de vannes qui arrêtaient quand il leur plaisait, puis laissaient monter l'eau au niveau de leur chaussée. L'usine située en amont sur l'Orne appartenait au sieur Letellier, celle-ci existe toujours à l'entrée de Clinchamps en empruntant le Val de May. Ce dernier se plaignait que le barrage du moulin de Courgain faisait refluer l'eau chez lui.

Un moulin existait en bas de la cote de Laize à la frontière de la commune de May. Ce moulin dit « moulin de la Fosse » a appartenu au sieur Elie (1806-1854). Le sieur Elie était fabricant d'huile à Laize la Ville, il demanda par une pétition du 16 mai 1853 de redresser le lit de la rivière de Laize.

Les litiges entre propriétaires de moulins demeuraient très fréquents. Il fallut attendre l'établissement d'une réglementation précise pour pallier à ces inconvénients. Ainsi une instruction du 27 juillet 1852 relative à l'exécution administrative pour le service des usines sur les cours d'eau était censée aider à résoudre les litiges.

En poursuivant le chemin du Val de May, nous arrivons sur le lieu dit du « Grand Moulin de Fontenay ». Celui-ci se trouve sur la commune de Saint - André sur Orne.
Vers 1696, ce moulin a appartenu au sieur Gabriel Desetables l'aîné, qui était fabricant de papier aux Vaux de Tallevande, près de Vire. Il habitait à Caen au 92 rue des fables.Le fermier du moulin n'était autre, que François Angot, meunier demeurant en la commune de Fontenay. Le Grand moulin a été successivement moulin à colza (colza utilisé pour les lampes à huile), puis propriété des carrières de l'Ouest pour produire de l'électricité. En aval du Grand i moulin se trouvait une autre usine appelée « Petit Moulin de Fontenay «.Après avoir été possédé par la Dame de Carbonel le Petit moulin a appartenu au sieur Nourry, négociant de Caen. Le moulin a été acquit par lui en 1806, moulin qui faisait parti de la dépendance du château de Saint André. Il daterait du XVIème siècle.

Une transaction en date du 23 octobre 1482 nous décrit la convention passée entre le sieur Jean Gros Parmix et les abbés et religieux de l'abbaye de Saint Etienne de Fontenay concernant le Grand Moulin : « Savoir, faisons que par devant Guillon - Beausain et Guérin de Trois Monts, tabellions jurés au dit lieu du Thuy furent présents en personnes, révérend père Jean, par la permissions divine, humble abbé, d'une part et le dit Ecuyer d'autre, qui accordent :
A savoir, que les dits religieux tiendront les dites places de leur Rôe et pêcheries fermées d'éclotoires (vannes) de hauteur d'un pied au-dessus du front de la frette de la dite chaussée, afin que l'eau ne puisse plus venir au dit moulin du dit Ecuyer, sauf si les dits religieux voulaient réédifier leur dit moulin d'Hyrondelle /autre moulin se situant juste en face du Grand moulin, sur l'autre rivej. Ils pourraient le faire et faire moudre leur dit moulin, ainsi qu'ils voulaient en ancienneté. ils pourront aussi, les dits religieux tendre leurs pêcheries et place de rôe à tous poissons lorsqu'il est accoutumé tendre, en avalaisons de pipernaux et montaisons de poissons, comme de saumons, aloses et lampoyes, et lever les dits éclotoires (vannes) des dites pêcheries et place de rôe pour se faire et sans fraude ou tromperies.
S'il, convenait que le moulin du dit Ecuyer tombât en ruine, ou que le dit moulin des dits religieux fût moulant, le dits Ecuyers et ses hoirs (ayants droits) seront semblablement sujets à tenir les eaux et place de la rôe de son dit moulin, s'il ne moulait et de ses pêcheries closes, sauf qu'il pourrait tendre ou faire tendre en ses dites pêcheries et place de rôe comme dessus est dit des dits religieux, et pour se faire leqer les éclotoires d'icelles sans fraude comme dit est. Si est accordé que s'il advenait qu'il fut besoin défaire quelques réparations des grands moulins des dits religieux et chaussées d'iceux, en icelui cas pour abaisser Veau afin d'y besongner plus aisément et en toute diligence, sans malice les dits religieux pour ce faire pourront lever ou faire lever les éclotoires de leurs dites pêcheries et place de rôe. Et en tant qu'est une passée à eau dénommée la frette, les dits religieux et écuyer seront tenus, par moitié et de telle hauteur qu'est la pierre dufron, que de présent y est de côté du dit Ecuyer et sans ce qu'il puisse hausser, ni baisser ; et si aucunes des dites parties y fait chause, pourquoi elle fut baissée, serait sujet et tenu la réparer et mettre en état,à toute diligence être possible. S'il est accordé qu'il advenait que le dit Ecuyer et ses hoirs ou ayant cause tandissent en autres saisons que celles devant dites en ses dites pêcheries, celle de rôe non comprise en tant que son dit moulin moudrait, les dits religieux le pourront faire par semblable en leurs dites pêcheries et place de rôe comme le cas adviendra. ».

Les trois moulins de Fontenay ont appartenu à  la  branche  des  Tessons  dont  Raoul Tesson, premier fondateur de l'abbaye de Fontenay. Guillaume le Conquérant d'ailleurs nomma le premier abbé de cette abbaye.
Ainsi trois moulins existaient en 1213 à Saint-André de Fontenay. En 1217, Robert Tesson jouissait du moulin qu'a détenu plus tard le sieur de Calmesnil. Sous l'ancien régime tout seigneur ayant justice en sa terre avait le droit d'obliger tous les habitants de la banlieue de moudre à son moulin et, si quelqu'un refusait le seigneur pouvait le sommer de comparaître et lui défendre d'aller moudre autre part.

En 1304 il est fait mention des dîmes des moulins appartenant à l'abbaye.

D'autre part nous avons la mention d'un contrat de vente par Guy Fortin, Ecuyer, sieur de Gierville à Daniel Baillehache d'un moulin nommé le « moulin Cöesel » avec quatre acres de terre le 1er juillet 1659.
Concernant le moulin du Côesel, un bail de 1658 stipule que le 3 juin s'est présenté Pierre Hamelet, fermier du Petit moulin du Côesel lequel a demandé à prendre à ferme une étable qui jouxtait la bute, sa maison et sa cour au dit moulin et à une issue commune de la cour de l'abbaye, et cela pour neuf ans. Cela commence le jour de la Saint Michel pour 12 journées de cheval, chaque année à volonté à la mesure des besoins.
En 1791, les biens des religieux de Fontenay furent placés sous séquestre. Le Grand moulin de Fontenay et le pré de l'Hirondelle, ancienne dépendance du moulin de ce nom qui n'existe plus furent adjugés au sieur Samuel Paysant qui les rétrocéda plus tard au sieur Désetables. En 1802, madame de Calmesnil devenue propriétaire du Petit moulin de Fontenay comme héritière de monsieur de Gros Parmy.


Le Petit Moulin appartenait donc au sieur Nourry demeurant à Caen, rue de la chaîne. C'était un moulin à deux tournants. En 1811, il y est dit que ce moulin a besoin des plus grandes réparations car­ia chaussée ou retenue d'eau est dans le plus mauvais état. « Il y a au milieu de la chaussée un déversoir de 12 pieds d'ouverture et deux pertuis de chacun deux pieds. Les coursiers ont 30 pouces d'ouverture, les roues ont dix pieds de hauteur, six aubes de 27 pouces. Le seuil du déversoir est plus élevé que celui des coursiers de 32 pouces ».

Le 25 floréal An 6 (1799) le Commissaire ordonnateur de la 14ème division militaire, de concert avec le garde magasin des vivres employé à Caen réclama l'intervention de l'administration centrale pour interdire aux riverains de la rivière de Laize la faculté de soutenir et détourner les eaux de l'irrigation de leurs propriétés. Ils caractérisaient cette faculté comme un droit injuste et vexatoire, comme un reste de féodalité dont ils sollicitèrent la suppression sous prétexte qu'il y avait une atteinte de portée à l'activité des moulins affectés au service des vivres.
Au milieu du XIXèrne siècle il est dit au ministre de l'agriculture que le nombre d'usine (moulins), depuis la limite supérieure du département jusqu'à Caen est de 36. La chute de chaque usine est d'environ un mètre ; d'autre part on pouvait évaluer à plus de 1 000 chevaux la force hydraulique perdue pendant quatre mois de Tannée en basses eaux.

L'année 1989 vit malheureusement la disparition totale du moulin de Courgain dont les pans de murs, en ruine menaçaient de s'effondrer. Il demeure aujourd'hui le bief, ainsi qu'une partie du sol.



Création, hébergement : Net-Conception.com
Mentions légales
Plan du site
La gazette
Actualités
Contact
Accueil